fiche exposition - Étienne Bossut, Remake


 Étienne Bossut, Pchittt..., 1982 à 2017
© Étienne Bossut



dates du 03/02/2018 au 20/05/2018

Horaires : 14h - 18h du mercredi au vendredi / 14h - 19h samedi et dimanche

lieu(x) :
  • Frac Franche-Comté, Cité des arts, 2 passage des arts - 25000 Besançon

nature de l'exposition exposition monographique

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Depuis plus de 40 ans, Étienne Bossut réalise des moulages d’objets avec du polyester teinté dans la masse dans des couleurs rappelant le Pop Art. Marcel Duchamp demeure une référence sous-jacente et constante pour cet artiste qui recourt aux objets quotidiens produits en série par notre société de consommation. Cependant, Étienne Bossut effectue un «retournement du principe du ready-made». Il ne s’agit pas pour l’artiste de prélever des objets directement dans le réel mais, tel un photographe, d’en fixer l’image.

Une image imparfaite cependant puisqu’elle garde les traces du processus manuel qui a présidé à sa réalisation, de sa dimension artisanale, laquelle est propre à doter ces objets «sans qualité» de l’aura qui leur faisait défaut.

En 2013, le Frac a passé commande à l’artiste d’une pièce pérenne pour les espaces paysagers de la Cité des arts à Besançon, bâtiment conçu par l’architecte japonais Kengo Kuma pour abriter le Conservatoire à Rayonnement Régional et le Frac. La proposition d’Étienne Bossut évoque une forêt de bambous et met l’accent sur les relations entre musique et art contemporain. L’œuvre est constitué en effet de 101 moulages de tabouret tam-tam – dessiné par Henry Massonnet en 1968 – superposés en 7 colonnes. Elle constitue également un clin d’œil à la Colonne sans fin de Brancusi puisque comme cette dernière, Tam tam jungle est le résultat d’une addition d’éléments.

Les deux œuvres présentées au Frac dans le cadre de Remake sont, comme l’indique le titre de l’exposition, d’une autre nature.

Pchittt..., 1982-2017, est le moulage intégral d’une Porsche de 1951. Au Frac elle se présente sur un socle à la manière d’une sculpture mais aussi des nouveaux véhicules présentés par les constructeurs lors de salons. Si ce n’est sa couleur, l’espace où elle est présentée, le temps nécessaire à sa réalisation (trente-cinq ans) et le fait que ses quatre pneus soient dégonflés la rendant impropre à la circulation, rien ne la différencie au premier regard d’une Porsche «ordinaire».

Miroirs est composé de trois moulages de miroirs de tailles différentes accrochés au mur de façon linéaire. Cette œuvre qui relève d’un autre procédé récurrent chez l’artiste de par sa dimension sérielle évoque également tout un pan de l’art du XXe siècle et renvoie à l’histoire de la peinture depuis les tableaux ronds ou ovoïdes nommés tondos, jusqu’aux miroirs de Roy Lichtenstein en passant par Les Ménines de Vélasquez ou le Bar aux Folies Bergère de Manet... Mais elle constitue également une pièce emblématique de «l’état d’esprit» de l’artiste et de l’humour qui préside à sa démarche en ce sens qu’elle se veut faussement tautologique. Miroirs représente des miroirs, certes, mais ces miroirs, comme ceux de Lichtenstein, sont aveugles. Ils ne reflètent aucune image puisqu’ils sont eux-mêmes des images. Miroirs résume ainsi à elle seule la démarche de cet artiste qui à l’instar de Raymond Hains est grand amateur de jeux de mots et de lapalissades.

S.Z


Commissariat : Sylvie Zavatta

Exposition en trois volets : Frac Franche-Comté, Musée des Beaux-Arts de Dole et Frac Paca


Autour de l’exposition :

Vernissage
> samedi 3 février à 18h30


Partenaires médias :

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